Deux ou trois choses que je sais d’elle

Jean-Luc Godard

  • 1966
  • 01 : 30
  • Couleurs
  • numérique 2K
Marina Vlady, Anny Duperey, Roger Montsoret, Raoul Lévy, Jean Narboni

Les trajectoires parallèles de la transformation d’une ville et de celle d’une jeune femme devenue prostituée.
Séance présentée par Jean Narboni, ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma et figurant dans le film.

« (Pour sa deuxième collaboration avec le producteur Anatole Dauman) Godard s’inspire largement d’une enquête de Catherine Vimenet dans Le Nouvel Observateur traitant de la prostitution occasionnelle née avec le développement des grands ensembles dans la région parisienne. Il en reprend des phrases entières dans le scénario, transformant le film sulfureux dont rêvait Dauman en une ambitieuse articulation entre un moment dans la vie d’une femme mariée, mère de deux enfants (...), et un moment dans la vie d’un paysage urbain en pleine mutation. De cette double ambition naît un film aussi conceptuel et théorique que sensible et puissant, mais aussi un pur geste documentaire capturant au plus près le Paris estival de 1966.
Godard écrit un scénario court mais parfaitement articulé annonçant l’ensemble de la structure du film, mais ne filmera rien de tout ce qui est conjonctif, sacrifiant le « raconter » au profit d’un « voir » brut, et intégrant toutes sortes de personnages et d’évènements ne relevant pas de l’intrigue avec la conviction qu’ils trouveront leur place dans le film au montage. Cette méthode donne le sentiment d’un film éclaté mais d’une cohérence absolue, d’une grande richesse et d’une immense liberté. » Caroline Maleville