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« Le retentissement international et le succès de scandale du Dernier Tango à Paris en 1972 offrent à Bertolucci la possibilité d’entreprendre un projet extrêmement ambitieux nécessitant des moyens exceptionnels. Le producteur Alberto Grimaldi réunira le plus gros budget de l’histoire du cinéma italien et permettra au jeune auteur de réaliser son rêve : une fresque violente et monumentale sur l’Italie de la première moitié du XXème siècle. Le film s’intéresse en particulier à l’amitié de deux garçons nés le même jour, Alfredo (Robert De Niro), fils de grands bourgeois propriétaires terriens et Olmo (Gérard Depardieu), bâtard d’une famille de métayers. Bertolucci intègre à son style flamboyant et maniériste l’héritage des maîtres Visconti, Pasolini et même Leone dans un film opératique sur la montée du fascisme et la résistance du prolétariat dans la campagne d’Émilie-Romagne. Le récit comprend de nombreux morceaux de bravoure et des grands mouvements de foule mais c’est dans les scènes intimistes que le réalisateur se montre le plus inspiré, signant de magnifiques moments d’insouciance, d’inquiétude ou d’horreur pure. Dans un mouvement grandiose Bertolucci mêle les influences esthétiques d’Hollywood, Cinecittà et Mosfilm.» Olivier Père, Arte.tv
« Cette foisonnante saga débute à la mort du compositeur Giuseppe Verdi, le 27 janvier 1901, et s'achève le jour de la libération de l'Italie, le 25 avril 1945. Novecento est une œuvre d'une ambition folle, embrassant un demi-siècle d'histoire italienne, de conflits sociaux et de lutte des classes. Un film-fleuve de 5 h 18 divisé en deux actes (2 h 43 et 2 h 35) où le réalisateur Bernardo Bertolucci, décédé ce lundi 26 novembre, accomplit un tour de force cinématographique. Cette fresque sur l'éclosion du communisme et la montée du fascisme, qui ont déchiré son pays, se hisse au niveau d'une grande œuvre littéraire ou picturale. » David Mikanowski, Le Point
« Comme tous les grands films qui signent la fin d’une époque (Le Guépard de Luchino Visconti, Il était une fois en Amérique de Sergio Leone), 1900 possède une tonalité mélancolique. Mais il tire magistralement sa vigueur du tableau du déclin des oppresseurs et de la lente revanche des opprimés. 1900 nous est présenté dans une copie restaurée 4k somptueuse supervisée par Vittorio Storaro lui-même. » Miriem Méghaïzerou, Culturopoing.com
« Novecento est né d’un sentiment de culpabilité, la culpabilité d’être originaire d’une bourgeoisie campagnarde, d’une bourgeoisie de cette campagne-là. C’est peut-être pour cela que, dans le film, je regarde apparemment avec plus d’amour les paysans que les bourgeois. » (Bernardo Bertolucci in Le Cinéma italien, Jean A. Gili, UGE)