La ballade du petit soldat + Leçons de ténèbres

Werner Herzog

  • 1984
  • 01 : 35
  • Couleurs
  • numérique 2K

>En 1979, le Front Sandiniste de Libération Nationale renverse le gouvernement de Somoza. Le parti lance une importante réforme agraire et soutient une politique d’expropriation des grands propriétaires terriens. En 1984, le FSNL remporte les élections nationales, mais le président Reagan ne reconnaît pas ce gouvernement. Les contras - des guérilleros anti-sandinistes - reçoivent alors un soutien militaire des Etats-Unis et c’est dans leurs camps d’entraînement qu’Herzog vient filmer la façon dont des enfants sont transformés en soldats.

> Le film se concentre sur les conséquences de la Guerre du Golfe et plus particulièrement sur l'incendie de 732 puits de pétroles koweïtiens par les forces irakiennes. Utilisant une musique religieuse et une narration détachée, le documentaire essaie de transporter le sujet barbare de la guerre dans une autre dimension, poétique et méditative.



"Herzog s’attache à leurs visages, cherchant à dénicher la part d’enfance qui subsiste derrière les uniformes. Parfois, au milieu d’un entraînement, on les voit soudain abandonner leurs visages figés et sourire, s’amuser, comme si soudain la guerre s’effaçait derrière la puissance de jeu et de rêve des enfants. Mais ces rires rendent encore plus poignants le fait de voir toutes ces enfances volées, détruites. Le film s’ouvre sur un long plan montrant un enfant portant une lourde mitraillette et qui chante une chanson jouée à la radio. L’image est rendue discordante par le déséquilibre entre la petite silhouette et l’énorme fusil-mitrailleur, par la joie de chanter du garçon et la violence liée à la présence de son arme. La voix de l’enfant est instable, elle vient juste de muer, ce qui renforce encore notre malaise. Herzog zoome alors sur lui, mettant de côté l’uniforme, l’arme, pour ne plus cadrer que son visage. Cette approche profondément humaniste, on la retrouve tout au long de ce documentaire simple, poignant et généreux." Oliveir Bitoun, Dvdvclassik

"Contrairement à ses habitudes, Herzog utilise un format large afin de rendre ces images plus somptueuses, puissantes, grandioses et par là donner à ressentir au spectateur l'ampleur de la tragédie qui se joue. Il utilise Peer Gynt de Grieg, la Symphonie numéro 2 de Mahler, Parsifal de Wagner (thème récurrent de son œuvre), mais aussi Arvo Part, Prokofiev, Verdi, un nocturne de Schubert… convoquant tous ces musiciens pour inventer un requiem pour une terre défunte. La caméra, embarquée sur un hélicoptère, survole majestueusement, comme au ralenti, des terres dévastées. Lents travellings qui nous immergent dans ce monde de flammes et de cendres." Olivier Bitoun, Dvdclassik