Fond de couleur
Disparition de Jean-Max Causse

Disparition de Jean-Max Causse

du 02 janvier au 03 février

ON T’AIMERA TOUJOURS, JEAN-MAX
 
   La Filmothèque est en deuil. Son patron Jean-Max Causse est parti le 2 janvier après six semaines de lutte, victime d’une grippe suivie de plusieurs complications, et finalement d’un défaut de surveillance à l’hôpital.
 
    C’est la conclusion brutale d’un parcours exceptionnel voué à l’amour du cinéma. Sur les traces d’Henri Langlois, il joua en effet un rôle essentiel de passeur, pour faire découvrir à des générations de spectateurs le patrimoine cinématographique, des grands classiques aux incunables, et pour assurer la diffusion des oeuvres, ce qui l’amena à conjuguer les activités d’exploitant et de distributeur. Avec Jean-Marie Rodon, rencontré dans une compagnie d’assurances, il fonda et anima de 1966 à 2004 les Studios Action (Lafayette, République, Christine, Christine bis, Grand Action et pour la seule programmation l’Action Ecoles), salles mythiques pour les cinéphiles, jusqu’à la scission du duo. Jean-Max et moi avons ensuite en 2005 repris et rénové le Quartier latin, rebaptisé la Filmothèque du Quartier latin, aujourd’hui l’une des salles parisiennes au plus fort taux de fréquentation, où il aimait à accueillir le public et présenter des projections. Mais il fut aussi scénariste et réalisateur du Franc-tireur (de concert avec Roger Taverne) en 1972 et de plusieurs courts-métrages, dont le dernier, Cinéma, en 2019, et même acteur pour les copains.
 
    Marqué par un drame personnel, la mort de sa fille de dix ans, Christine, dans l’incendie du CES Pailleron en février 1973, qui causa au total vingt morts, il mena avec les autres familles de victimes un combat de longue haleine contre l’Education Nationale. Celui-ci aboutit à la condamnation, fait exceptionnel à l’époque, de hauts fonctionnaires responsables de l’édification de dizaines d’établissements du même type et de centaines de la même famille au mépris des règles de sécurité, et surtout au remplacement progressif des bâtiments dangereux. Aucune mort par incendie n’a été à déplorer depuis lors dans les établissements scolaires.
 
    Sa femme Nicole, moi-même, et toute la jeune équipe de la Filmothèque, perdons un être remarquablement aimant, généreux, drôle et rebelle.
Bon voyage vers le paradis du 7ème art, Jean-Max, merci pour tout ce que tu nous as apporté, tu continueras à accompagner nos vies et bien sûr à guider et enchanter notre amour du cinéma - François Causse
 
      P.S. Un livre d’or est à votre disposition à la caisse de la Filmothèque. Un hommage lui sera rendu au printemps dans le cadre d’une grande rétrospective organisée pour les 20 ans de la Filmo.
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