Court-Métrages Best of Doc : Projeter l’ailleurs
- 2026
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Entering Indifference (Lettre de Chicago) de Vincent Dieutre (2001, 28')
Il fait extrêmement froid. Ce sont les derniers jours du dernier hiver du XXe siècle. Je suis à Chicago pour un festival mais également pour réfléchir, savoir où j’en suis avec l’autre. Avec le monde aussi. Là-bas, tout ce qui mine notre quotidien s’exacerbe ; amourette, neige et oubli, ma lettre est la chronique de cet "hiver de l’amour", le relevé instable de ce gel du réel. Bienvenue dans l’indifférence.
La Clôture de Tariq Teguia (2002, 23')
La Clôture est un cri ! Au lendemain de la guerre civile qui a ensanglanté l’Algérie, Tariq Teguia interroge les jeunes de Bab El Oued qui disent leur colère. Aux plans fixes dans lesquels ils témoignent, Tariq Teguia fait alterner des errances en voiture qui prolongent celles de Ferrailles d’attentes. Et c’est la violence d’un enfermement qui domine, doublée du désir d’un impossible ailleurs.
Ici là-bas de Dominique Cabrera (1988, 13')
Ici : la France 1987, là-bas : l’Algérie 1963. Comment accepter cet héritage ? Un film de mémoire à travers des portraits de la famille de Dominique Cabrera. "Réflexion sur les sentiments que suscitent en moi les expériences de la guerre d'Algérie de mes parents pieds-noirs."
Say kom sa de Robert Kramer (1998, 19')
Erika et Robert Kramer reviennent sur leur vie commune depuis dix ans et l’interrogent.
Reviens et prends moi de Franssou Prenant (2004, 14')
Sur le poème de Constantin Cavafy : « Reviens et Prends moi » « Reviens souvent et prends-moi, sensation bien-aimée, »… Entre la Syrie et Paris, un film d’amour sans amoureux… « la nuit à l’heure où les lèvres et la peau se souviennent ».
« Entrer dans un film, c’est déjà pénétrer l’ailleurs et tenter d’en habiter les ruines. Ruines mémorielles et séquentielles. Les habiter par la solitude et l’errance, l’ennui ou la stagnation, se déplacer pour mieux s’ancrer. Par l’expérience vécue et l’imaginaire qui la prolonge, “Projeter l’ailleurs”, c’est alors filmer depuis l’entre-deux, creuser la brèche qui tend à réunir l’être ici et le devenir là-bas : là-bas, où rien ne semble se passer, et pourtant déjà suivre la caméra qui vole, et voler derrière elle. D’un élan documentaire, plusieurs mouvements, où l’ailleurs se superpose à l’ici dans une circulation croisée des regards ; regards sur soi, regards sur l’Autre. Parmi ces cartographies d’ombres et de lumières, ces bouts de générations et de villes, comment composer avec ce que l’on transporte ? Par l'altérité et son miroir, vagabonder en rêvant d’ici et d’ailleurs, comme lieux de passage. Rester dans l’image pour mieux en sortir. »